Mai ki a bien pu ??
Mai comen sa c passé ???
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Marilyn Monroe est morte il y a trente-six ans. Officiellement au matin du dimanche 5 août 1962, à 4 h 25. Elle avait 36 ans. Elle avait peur. Elle comptait encore sur deux ou trois doigts les amis qui ne l'avaient pas trahie. Elle avait un chien, Maf, qui aboyait. Les chiens jappent contre le malheur. On la déclara suicidée. Overdose. Trop de médicaments, trop de dom Pérignon, trop de... Pas assez de chaleur humaine pour le corps le plus moelleux qui fut jamais photographié. Depuis sa mort, plus de 110 livres sont parus sur sa vie, ses dernières années, ses derniers mois, ses derniers jours, presque sur son Jugement dernier. Tous, quasi tous, sauf certains, bâtis sur commande afin d'engoncer le bon peuple dans la guimauve, ceux ne voulant que la montrer en gloire ou ceux voulant profiter de sa beauté pour faire un peu de pognon - drame posthume qui dupliquait celui d'une vie maltraitée - suggéraient, avançaient que ce suicide tenait du crime, du meurtre, de l'assassinat. L'interrogation n'avait pas attendu longtemps. Quelques semaines après les obsèques, dirigées par Joe Di Maggio, un vrai fidèle, un vrai amour, quoique plutôt nerveux, sinon violent, et dont furent exclus tout Hollywood, tout le cinéma, tout ce que Joe n'aimait pas.
Dans la presse mondiale, la robe de Monica Lewinsky a déclenché une vaste réflexion sur les périls encourus par la démocratie en Amérique à la suite de fredaines. Tout éditorialiste digne de ce titre s'y tailla la plume. Notre Tocqueville, dans sa tombe, en égaie son éternité et rit chaque jour. L'autre matin, sur ABC News, relayé en clair par Canal +, Peter Jennings, le présentateur vedette, y alla d'un commentaire désabusé: "Il a suffi de quelques semaines pour que le monde sache tout sur la vie privée de Bill Clinton. Plus de trente ans ont été nécessaires pour en apprendre un peu sur celle de John Fitzgerald Kennedy." Un ange passa dans le studio, un fantôme blond. Une douce source de chaleur qui s'est éteinte par une nuit d'août dans la canicule de Californie.
Avant l'aube du dimanche 5 août 1962, un vent chaud venu du désert Mojave balayait le bassin de Los Angeles, agitant les hauts eucalyptus qui protégeaient comme un rideau la maison de Marilyn Monroe, à Brentwood. On entendait tinter doucement dans l'obscurité les vieux carillons que lui avait offerts le poète Carl Sandburg. D'autres sons, plus étranges, furent portés par le vent au cours de la nuit: des cris, une vitre qu'on brise. Les voisins ont parlé d'une femme hystérique qui aurait crié: "Assassins! Espèce d'assassins! Vous êtes contents, maintenant qu'elle est morte?" A minuit, le sergent Jack Clemmons prit son poste au commissariat de police de West Los Angeles, Purdue Street. Les premières heures de ce dimanche, la garde du sergent Jack Clemmons fut très calme. Jusqu'à cet appel, peu avant l'aube. Son interlocuteur se présenta: DR Hyman Engelberg. Et il dit: "Marilyn Monroe est morte. Elle s'est suicidée."